The roof is on fire

Le sud de l’Australie brûle. Si certains incendies sont d’origine criminelle, la catastrophe est essentiellement d’ordre naturel. Depuis plusieurs jours des températures supérieures à 40° sont enregistrées dans l’état du Victoria. Le vent et l’absence totale d’humidité transforment rapidement la moindre étincelle en flamme de 15m de haut. Les incendies ont un caractère saisonnier. Parfois même un rôle de régulation naturelle. Mais cette fois les 180 morts et les centaines de milliers d’hectares carbonisés sont d’une autre nature. Le physiologiste et biologiste Jared Diamond, dans son livre Effondrement, paru en 2006, décrivait l’Australie comme à un tournant de son histoire. Son environnement est l’un des écosystèmes les plus fragiles et les plus pressurés ; un territoire aride où les cultures céréalières intensives demandent une forte irrigation et beaucoup d’intrants, une faible végétation et une pluviométrie à faire rêver un parisien. Deux des principales causes d’un possible effondrement sont donc réunies : changements climatiques et action irresponsable de l’homme. Selon lui, des choix radicaux peuvent néanmoins être faits pour que la société australienne se détourne d’un avenir façon île de Pâques… C’est peut être aujourd’hui le dernier signal de Dame Nature pour réclamer le changement ? A lire, ou à relire : « Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » - Jared Diamond - éditions Gallimard 2006